Qualité et Enseignement supérieur

     Le défi de la qualité

     Vers un changement de paradigme…

     Le 25ème congrès de l’AIPU


























La qualité dans l’enseignement supérieur est aujourd’hui au cœur des préoccupations des états comme des établissements qui délivrent grades et diplômes pour permettre à leurs étudiants d’être compétitifs et performants sur le marché du travail et répondre aux besoins de développement humain, social, économique et culturel des pays. Cette prise de conscience, est mondiale, se généralise et se traduit par la publication de textes de références et de lignes d’orientation à l’intention des établissements, des prestataires d’enseignement supérieur et des agences d’évaluation. Elaborés à leur demande, et approuvés par les états participants, leur objectif n’est pas de « normer » mais de fournir un cadre au management de la qualité dans un souci permanent d’amélioration de celle-ci. Il en est ainsi, de la publication du « Guide des références et lignes directrices pour le management de la qualité dans l’espace européen de l'enseignement supérieur » adopté en mai 2005 à Bergen par 45 ministres engagés dans le processus de Bologne, des « Lignes directrices pour des prestations de qualité dans l’enseignement supérieur transfrontalier » de l’OCDE réalisées en collaboration avec l’UNESCO et impliquant 90 pays, de la « Déclaration ministérielle sur l’assurance qualité des programmes ciblant la reconnaissance des qualifications correspondant aux grades » du gouvernement Canadien en 2007... La qualité dans l’enseignement supérieur au niveau mondial entre donc désormais dans des politiques institutionnelles destinées à valider la qualité des diplômes et de prestations qui y conduisent. Son management concerne l’ensemble des parties prenantes, gouvernements, organismes de reconnaissance académique, établissements prestataires, personnels enseignants et administratifs, étudiants, partenaires professionnels, organismes certificateurs…


Ces trente dernières années, l’arrivée massive des étudiants, l’accueil de nouveaux publics, l’avènement du numérique, la nécessaire insertion professionnelle ont été à l’origine de profonds bouleversements dans le mode de fonctionnement du monde universitaire auxquels il n’était pas préparé, creusant ici l’écart avec les établissements d’enseignement supérieur pratiquant sélection et droits d’entrée élevés. Ceci dans le contexte paradoxal de la mondialisation face à une  volonté sociale d’égalité des chances devant assurer aux étudiants reconnaissance et insertion professionnelle. La compétitivité entre les établissements devient forte face aux enjeux pervers des classements internationaux.


Depuis plusieurs années déjà, les activités de recherche, indissociables des financements qui la sous-tendent, se sont naturellement structurées autour de la « démarche qualité » avec ses chartes, ses conseils, ses référentiels, ses accréditations… L’adhésion des acteurs de l’enseignement supérieur dans le domaine de la qualité se heurte encore à de nombreux obstacles culturels, matériels,  d’ordre sémantique. Culture de la qualité ? Management de la qualité ? Démarche qualité ? Assurance qualité ? Autant d’approches aux finalités voisines qui, au travers de l’évaluation, ciblent l’amélioration, la performance, l’excellence mais par des voies qui divisent encore la communauté universitaire. Au travers d’expériences ponctuelles ciblant une formation en particulier ou la recherche d’un label ou une accréditation, des établissements se sont déjà engagés à des degrés divers dans la qualité. Pour universaliser cette entrée dans la qualité, l’adhésion de tous les acteurs s’impose en particulier celle des personnels enseignants qui doivent y contribuer de façon active et constructive en se positionnant de façon optimale au sein du système, quels que soient les lieux ou les modalités pédagogiques mises en œuvre


C’est là le vrai défi de la qualité que le 25ème congrès de l’AIPU se propose d’enrichir par sa réflexion, son partage d’expériences, ses projets. Le 24ème congrès de l’AIPU à Montréal en mai 2007 ciblait le «changement de culture», celui du 25ème congrès à Montpellier sera celui du «changement de paradigme».

Pour son 25ème congrès, l’AIPU a choisi d’aborder le thème de la qualité dans l’enseignement supérieur en donnant la parole à de « grands témoins » et de « plus petits témoins » tout en privilégiant les échanges de bonnes pratiques autour de cinq thèmes adaptés des « Références européennes et lignes directrices pour le management interne de la qualité au sein des établissements d'enseignement supérieur » approuvés à Bergen en mai 2005 par 45 ministres engagés dans le processus de Bologne.